Les Playmates se rhabillent!

On apprenait récemment que le magazine Playboy n’afficherait plus dans ses pages de femmes nues à compter de mars 2016. En fait, la chute inexorable de ses ventes, particulièrement en Amérique du Nord, force la main à son fondateur octogénaire – ce sympathique Hugh Hefner – qui a lancé ce magazine en décembre 1953 avec Marilyn Monroe en couverture.

Décembre 1953: Marilyn Monroe fait la une du 1er numéro de Playboy.
Décembre 1953: Marilyn Monroe fait la une du 1er numéro de Playboy.

À une époque où il suffit de taper « Gros lolos », « MILF », « Gangbang » ou « Boobs » sur Google pour tomber sur un site pornographique rempli d’images et de vidéos qui ne laissent rien à l’imagination, le temps est tout simplement venu de passer à autre chose.

Lutte à la censure

En août 2014, le site internet de Playboy a été nettoyé de toute nudité. Résultat : le nombre de visites a été multiplié par quatre, passant de 4 millions à 16 millions par mois. De plus, les millions d’utilisateurs des réseaux sociaux peuvent maintenant partager du contenu de ce site sans s’exposer à la censure.[1]

Pour les articles…

Les dirigeants de la coquine revue misent également sur des entrevues de fond avec des personnalités appréciées par le public, de courtes nouvelles rédigées par les plus grandes plumes, etc. En d’autres mots, le magazine devrait revenir à ses fondamentaux avec de longs articles journalistiques et des interviews qui lui permettraient de cibler un public plus jeune et de nouveaux annonceurs.

Le magazine Playboy a longtemps été un passage obligé pour les actrices, chanteuses et autres vedettes.
Le magazine Playboy a longtemps été un passage obligé pour les actrices, chanteuses et autres vedettes.

Miss July

Dans mon temps – ça y est, je parle comme un ti-vieux – si on voulait voir des fesses et des seins, fallait faire preuve de courage, de détermination et souvent, d’imagination.

Il y avait bien sûr le classique d’entrer à toutes vapeurs dans la salle de bains quand notre sœur prenait son bain. Mais bon, c’était juste rigolo et la claque de maman derrière la tête me ramenait rapidement à l’ordre.

Il y avait aussi les visites au dépanneur. Je m’explique.

Contrairement à aujourd’hui où ces revues sont perchées en haut d’un présentoir où il est écrit « Pas de lecture sur place! », « Caméra de surveillance! » ou encore « Souriez, vous êtes filmé! », les magazines pour hommes étaient, au milieu des années 1970, simplement installés sur le comptoir, à la vue des clients et des gamins, juste à côté d’une réplique en plastique jaune de l’Oratoire Saint-Joseph avec une fente au-dessus et dans laquelle les gens étaient invités à déposer leur monnaie.

Pendant des semaines, alors que moi et les copains choisissions nos bonbons en hésitant entre les soucoupes volantes, les gommes saucisses et les lunes de miel, sans parler des boules noires, nous jetions de temps à autre un regard oblique et furtif à Farrah, Natasha, Pamela ou à une quelconque étudiante d’un collège américain qui semblait nous faire de l’œil en cachant habilement ses charmes derrière un ballon de football.

Montréal Matin

C’était un samedi matin. Comme d’habitude mon père m’avait envoyé chercher son journal. Profitant d’un moment d’inattention de l’honnête commerçante, je glissai rapidement un exemplaire du Playboy du mois de juillet entre les pages du Montréal Matin. Dans ma tête, j’étais devenu un espion aussi efficace que ceux de Mission Impossible ou Agents très spéciaux.

« Y est donc bien pesant le journal aujourd’hui! » m’avait lancé Mme Beaulieu en me tendant sans le savoir l’objet de mes convoitises. J‘étais rouge comme une tomate et la sueur me dégoulinait le long des tempes. « Il doit y avoir beaucoup de nouvelles », lui répondis-je sur un ton étrangement sérieux.

De retour à la maison, je couru à ma chambre pour faire plus ample connaissance avec Miss July. Jamais pièce de 25 cennes n’aura été mieux dépensée! Il m’était revenu de la monnaie en plus! Mais je ne suis plus certain aujourd’hui que Miss July se prénommait Julie.

[1] http://next.liberation.fr/culture-next/2015/10/13/pourquoi-playboy-rhabille-ses-playmates_1402902

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