Cheers à ce qui reste!

J’ai attrapé la maladie de la cinquantaine il y a presque six mois. On dira ce qu’on voudra sur le fait d’avoir cinquante ans, c’est tough!

Pourquoi tough? Parce que cinquante ans, c’est le temps du bilan. C’est de constater qu’il en reste mois en avant qu’en arrière. C’est se demander si on pourra prendre une retraite dans dix ans. Dix ans! Aussi bien dire demain!

Cinquante ans, c’est constater aussi que notre opinion en vaut bien d’autres, ni pires ni meilleures. Quand des personnes atteintes d’Alzheimer peuvent voter en toute légalité aux élections, on se demande en effet ce que peu bien valoir notre opinion.

À notre époque où tout file à toute allure, où l’éphémère est roi, où le virtuel remplace le réel, où la jeunesse est la seule vérité, nous sommes – nous quinquagénaires et malgré toute notre bonne volonté – de véritables dinosaures. On se fait donner du « Monsieur » au dépanneur.

Bon, bon, bon. Encore du cynisme de p’tit vieux!

Que voulez-vous? Avec le temps, on le devient cynique, c’est comme ça. Pas étonnant à force d’entendre et de réentendre toujours les mêmes discours, les mêmes promesses. C’est comme les reboots, remakes et autres redémarrages de franchises de films de super-héros qui nous reviennent années après années. Tanné! Pus capable!

Seul avantage d’avoir cinquante ans, c’est de constater finalement que l’on ne contrôle que bien peu de chose. Pour ainsi dire rien même. On ouvre les yeux sur nos désillusions. On peut être frappé par le cancer n’importe quand, même si on est végétarien, grano, bouddhiste ou je ne sais quoi d’autre. Résultat : plusieurs de nos rêves foutent le camp. Non, je n’irai jamais sur la lune, en Asie ou en Afrique. Je ne serai jamais un auteur à succès, encore moins un acteur ou un athlète.

À moins que ce soient le nombre de nos intérêts qui diminue.

Quoi qu’il en soit, faute de projets d’avenir, on se rabat sur nos souvenirs de jeunesse qui prennent tout à coup une valeur insoupçonnée, une préciosité démesurée, voire ridicule. On devient nostalgique. Mais ne nous leurrons pas : nos souvenirs n’intéressent personne à part nous.

Tout de même : on trouve des groupes sur Facebook qui partagent les mêmes intérêts. Mais après un temps, après avoir relu cent fois à quel point c’était le fun d’aller s’acheter un Kik au dépanneur du coin de la rue, on constate finalement que même nos souvenirs sont un peu insignifiants.

Que nous reste-t-il alors? Et bien justement, si on veut profiter de nos vieux jours, il faut continuer à se faire de beaux souvenirs. Le nombre fera qu’au prorata il y en aura une couple de moins insignifiants que les autres.

Et comment se faire de beaux souvenirs? Pas en jouant à des jeux imbéciles en ligne. Non pas non plus en échangeant de vieux souvenirs avec des inconnus sur Facebook. On se fait des beaux souvenirs en prenant du bon temps, en riant, en buvant et en mangeant en compagnie de vraies personnes, de gens qu’on aime, qu’on apprécie. On donne notre opinion seulement si on nous le demande et on cesse de s’embarrasser des opinions des autres. Il n’y a que ça de vrai.

Mais ça prend cinquante ans pour comprendre ça!

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