Les nouveaux toutous

Pendant la période des Fêtes, histoire de fuir la routine, créer un moment particulier, faire une parenthèse dans la vie de tous les jours, nous avons loué un chalet en Estrie. Quatre chambres, des divans-lits et des matelas gonflables dispersés un peu partout.  Une nuit, nous étions plus d’une vingtaine. Ça en fait du monde à coucher!

Comme je suis lève-tôt, j’allais à la cuisine au petit matin me faire un café en enjambant ici et là un neveu, une nièce ou mes propres enfants. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que plus de la moitié d’entre eux – particulièrement les filles – tenaient leur cellulaire bien serré dans leur main, souvent près de leur tête, comme elles tenaient précieusement un toutou il y a quelques années à peine.

Tout en sirotant mon café, je me demandais quel appel sérieux ou quel message important pouvaient-elles attendre pour être à ce point incapables de laisser leur cellulaire sur un bureau.

Le cellulaire constitue à ce point un appendice indissociable de leur anatomie qu’elles n’hésitent plus à l’école ou au travail à le glisser dans leur soutien-gorge ai-je appris en discutant avec elles!

C’est rendu impossible pour elles de couper ne serait-ce que pour quelques jours le fil invisible de leur cellulaire. Ce fil est en effet devenu aussi important pour elles qu’un cordon ombilical l’est pour un nouveau-né.

Les temps changent, les enfants deviennent des adolescents puis de jeunes adultes, c’est comme ça.

On loue un chalet pour créer un moment, pour prendre une pause du quotidien. Louerons-nous encore un chalet pour la prochaine période des Fêtes? Je ne sais pas. À quoi ça sert si le but n’est pas atteint? Peut-être sommes-nous arrivés dans une période de transition et que nous mettrons en veilleuse cette tradition pour quelques années, le temps qu’il faudra en tout cas pour que ces nouveaux adultes se débarrassent de leurs nouveaux toutous. Si jamais ils en sont capables.

P.S. : Je tiens à réitérer mes sympathies pour le journaliste du Gleaner / La Source Patrice Laflamme, décédé chez lui à Huntingdon le 20 janvier dernier.

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