Acculturation tranquille

En entrevue avec Catherine Perrin à Médium large (Radio-Canada) le 7 janvier dernier, l’ex animatrice et ex politicienne Lisa Payette a dénoncé le manque de connaissances historiques des Québécois. « On a fermé les livres d’histoire depuis longtemps », regrette Mme Payette.

Et ce n’est pas uniquement parce que personne ne la connaissait dans une classe d’étudiants en droit que Mme Payette a fait ce commentaire.

En entrevue, sa petite-fille Flavie Payette-Renouf et Jean-Claude Lord, qui ont coréalisé le documentaire « Lise Payette : un peu plus haut, un peu plus loin », opinent dans le même sens.

Lise Payette a fait partie du 1er gouvernement de René Lévesque.
Lise Payette a fait partie du 1er gouvernement de René Lévesque.

« On nous a raconté des bobards sur notre histoire, avec les missionnaires et tout ça », ajoute avec justesse Mme Payette qui déplore que l’histoire moderne du Québec soit à ce point méconnue.

Acculturation globale

Sans crier au complot, on peut se demander quand même à qui profite l’acculturation tranquille des nouvelles générations. Je globalise car je ne crois pas que ce triste phénomène, cette sombre réalité, ne touche que les Québécois.

Je me demande en effet si les jeunes Canadiens, Américains, Français, Britanniques, Espagnols, Allemands, Suédois et Norvégiens connaissent mieux leur histoire que les jeunes Québécois.

En voyage à Dallas il y a quelques années pour visiter le Sixth Floor Museum, un musée dédié à la mémoire du président Kennedy, musée situé dans l’ancien Texas School Book Depository d’où l’ancien marine désillusionné Lee Harvey Oswald a coupé le fil de vie du 35e président des États-Unis, le jeune chauffeur de taxi âgé dans la vingtaine qui nous y conduisait mon frère et moi connaissait à peine l’endroit et la raison de ce musée.

–          It’s the JFK thing, right?

–          Right!

On parle de rendre obligatoire dans les cégeps du Québec un cours sur l’histoire du Québec et de revoir le contenu des cours d’histoire offerts au secondaire. Bonne idée! Au secondaire, mes filles ont passé des semaines et des semaines à étudier les Amérindiens. Bien. Mais cela s’est fait au détriment de l’histoire générale et contemporaine du Québec. Pour elles – comme pour la majorité des jeunes de leur génération – Champlain, Cartier et Mercier ne sont que des ponts.

Sans chercher à blâmer qui que ce soit, je me demande ce que cela signifie quand une génération est incapable de transmettre son histoire à une autre.

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