Indépendance : un mot sale?

Encore une fois, les indépendantistes – à moins qu’il ne faille dire séparatistes, souverainistes, associationnistes ou souverainistes-associationnistes – n’ont besoin de personne pour se peinturer eux-mêmes dans le coin.

Depuis quelques temps en effet, les tenants de l’indépendance, Bernard Landry en tête, commencent à penser qu’il faudrait peut-être utiliser plus souvent le mot « indépendantiste ». « Le 4 juillet, les Américains ne célèbrent pas leur souveraineté, mais leur indépendance », de déclarer l’ancien Premier ministre du Québec sur les ondes de Radio-Canada il y a quelques jours.

Bien.

Mais peut-on croire que trente-trois ans après le référendum de 1980 et dix-huit ans après celui de 1995, la cause indépendantiste en soit rendue là?

Petit retour en arrière car l’Histoire peut toujours nous enseigner quelque chose.

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Alors qu’il est dans l’opposition en 1965, Daniel Johnson, chef de l’Union nationale, publie un essai intitulé Égalité ou indépendance dans lequel on peut lire :

« Jusqu’ici nous avons essayé de triompher de tous les assauts. Mais nous voudrions bien, deux siècles après la Conquête, que l’on ne nous conteste plus le droit d’être ce que nous sommes : une nation française en Amérique. Nous voulons être une nation libre d’oeuvrer en paix à son épanouissement, dotée constitutionnellement des pouvoirs nécessaires à cet épanouissement sur tous les plans, culturels, sociaux et économiques. Nous voulons que cessent les combats d’arrière-garde, les luttes stériles, les querelles épuisantes pour des miettes de souveraineté. Nous ne voulons plus être tolérés, nous voulons être maîtres chez nous. »[1]

Johnson utilisera le slogan « Égalité ou indépendance » lors de l’élection de 1966 et remportera le pouvoir.

Mais en bon Québécois portant des bretelles en même temps qu’une ceinture, Johnson écrira aussi : « l’indépendance si nécessaire, mais pas nécessairement l’indépendance. »

Mais revenons à nos moutons.

Les fédéralistes se gênent-ils d’affirmer qu’ils sont fédéralistes? Du tout. Cela en est même gênant parfois de voir l’attitude et l’à-plat-ventrisme de certains politiciens libéraux à l’Assemblée nationale devant le fédéral alors que le Chambre des Communes leur conviendrait mieux tellement leur profession de foi fédéraliste est forte. S’ils tiennent tant à défendre le Canada, leur place est peut-être à Ottawa.

Comme au hockey, c’est difficile de se relever après deux défaites. Mais il serait temps que les Indépendantistes relèvent l’échine et marchent la tête haute.


[1] Daniel Johnson, Égalité ou indépendance, Montréal, Éd. renaissance, 1965, p. 11-12.

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