Bob & Carol & Ted & Alice

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On parlait beaucoup d’échangisme il y a quelques années. Un bar de mon coin avait soi-disant organisé un « Party échangiste » durant la période des Fêtes. Mais n’en déplaise à certains, de l’aveu même du gérant de l’endroit, ce n’était pas comme dans un vrai club échangiste.

Le 21 décembre 2005, à sept contre deux, la Cour suprême du Canada, dans toute sa sagesse et sa mansuétude, reconnaissait aux Canadiens et aux Canadiennes – ça y est, je souffre du syndrome du politicien en campagne électorale – le droit de s’envoyer en l’air avec qui ils veulent.

Comme si les Canadiens et les Canadiennes avaient besoin de la permission écrite de ces magistrats ! Nul doute qu’ils attendent maintenant avec impatience l’autorisation du clergé pour aller de l’avant !

Quarante-quatre ans après le classique de Paul Mazursky, Bob & Carol & Ted & Alice (1969), avec Elliott Gould et Dyan Cannon – bon Dieu qu’elle a hanté mes nuits d’adolescent celle-là – et presque autant d’années après qu’un certain ministre de la Justice du nom de Pierre Elliott Trudeau ait aboli la Loi contre la sodomie en déclarant que « l’État n’a pas d’affaires dans les chambres à coucher de la nation », la Cour suprême s’est prononcée sur cette épineuse question qui avait été relancée dans l’actualité après l’arrestation du propriétaire du club échangiste L’Orage à Montréal.

Personnellement, je n’en ai rien à foutre de ce qui se passe dans la chambre à coucher de mon voisin et ce qui se passe dans la mienne ne regarde personne. Par contre, ce qui me fait titiller un peu, c’est la commercialisation outrancière que certains tenanciers de bars et de clubs de toutes sortes ne manqueront pas de faire avec ça.

Il fut un temps où les jeunes mariés se découvraient et se connaissaient – au sens biblique du terme – lors de la nuit de noces. Puis, n’en déplaise à monsieur le curé, les unions libres et les relations sexuelles avant le mariage se sont généralisées dans la société. Aujourd’hui, au 21e siècle, certaines personnes mariées ou vivant en couple défendent l’idée que d’échanger sexuellement avec une autre personne que son conjoint ne devrait plus être automatiquement synonyme d’infidélité. Par sa décision, la Cour suprême ne fait que mettre en relief ce qui se passe dans la société depuis des années, rien de plus.

Décidément, les échanges de cadeaux ne seront plus jamais les mêmes !

Bob & Carol & Ted & Alice
Premièrement, le titre de ce film est tout simplement génial! Prendre les prénoms des protagonistes pour en faire le titre, surtout pour ce film où l’humain est au centre de tout: fallait y penser!Mais revenons à nos quatre amis. À ce que je sache, Bob, Carol, Ted et Alice n’étaient membres d’aucun club échangiste et cela ne les a pas empêchés de s’envoyer en l’air!

Au fait, se sont-ils envoyés en l’air?

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Et bien justement non. Au moment de sauter la cloture dans une chambre d’hôtel de Las Vegas, ils en sont incapables. C’est à ce moment qu’ils se rendent compte que le fait d’avoir l’esprit ouvert implique la possibilité d’admettre l’impossibilité de faire pareille chose tout en continuant à se respecter.

Pour certains, B & C & T & A est une défense du conformisme. Fidélité dans le mariage, voilà tout!

Au contraire, d’autres rappellent que ce film a été tourné en pleine guerre du Vietnam, à une époque où des changements énormes dans les valeurs et les mœurs ont frappé la société américaine. Sex, drug & Rock n Roll! Allez à contresens des modes et des valeurs, n’est-ce pas là aussi faire preuve d’indépendance d’esprit?
Ou peut-être les quatre protagonistes se sont-ils rendus compte qu’ils et qu’elles étaient avec la bonne personne. Faudrait leur demander.

La scène de la fin est particulièrement remarquable. Bob, Carol, Ted et Alice quittent la chambre d’hôtel de Las Vegas où – finalement – il ne s’est rien passé. Physiquement du moins. Car psychologiquement, les quatre sont transformés. On entend la merveilleuse chanson What the World Needs Now is Love, interprétée par Jackie DeShannon, en regardant nos quatre amis quitter l’hôtel et se fondre au milieu d’une foule.

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