Je ne me souviens plus

À notre époque où l’économique et le politique prennent toute la place, l’histoire et son enseignement semblent bien loin dans les priorités nationales. Et pas de carrés rouges ni de casseroles pour dénoncer ce phénomène.

L’histoire du Québec est jeune. Pourtant, pour bien des gens aujourd’hui, les noms de Champlain, Mercier et Jacques-Cartier et Victoria désignent des ponts bien plus que des explorateurs, un premier-ministre québécois et une reine.

Le 1er mars 2012, la Coalition pour l’histoire déposait un mémoire dénonçant les lacunes de l’enseignement de l’histoire au Québec.

En résumé, les auteurs de ce rapport dénoncent le fait que, depuis 1994, la pédagogie et la didactique ont remplacé les connaissances historiques dans les départements d’histoire des universités. De plus, les grands événements de notre histoire (guerre de la Conquête, Rébellions de 1837-1838, les référendums de 1980 et 1995, etc.) sont négligés.

Hier – les curés le savaient bien – la foi reposait sur l’ignorance et la peur. Aujourd’hui – les dictateurs à travers le monde vous le diront – l’ignorance du peule nous garantit de sa soumission. »

N’en déplaise à certains qui rêvent encore d’indépendance, cette-ci est impossible sans le partage d’une histoire nationale commune entre les Québécois de souche et les nouveaux Québécois. Quand on ne sait pas d’où l’on vient, on ne sait pas où l’on va.

Pourtant, tous les peuples à travers le monde possèdent leurs repères historiques propres : la France a sa Révolution, les États-Unis ont leur guerre d’indépendance, les Russes ont leur Révolution d’octobre, les Anglais ont leur Réforme.

Nous au Québec, n’en avons pas. Et ceux que nous pourrions utiliser (guerre de la Conquête, Rébellions de 1837-1838, les référendums de 1980 et 1995) rappellent des défaites plutôt que des victoires. C’est peut-être pour cette raison que nous voulons oublier.    

Jean Blain, professeur d’histoire à l’Université de Montréal, m’a dit un jour : « L’histoire du Québec n’intéresse déjà que bien peu de gens. Si nous, les Québécois, ne l’étudions pas, personne ne l’étudiera à notre place. »

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