Star Académie, Sartre, les nazis et Harperland

Aujourd’hui au Québec, à part regarder Star Académie, Occupation Double, Loft Story et des reprises de Mission: Impossible, que faisons-nous de notre liberté?

Nos actes, nos paroles et nos pensées n’ont plus aucun poids. Ceux qui nous gouvernent le savent mieux que quiconque. C’est pourquoi ils se permettent de plus en plus souvent d’affirmer une chose et son contraire la même journée. Nous ne les écoutons plus, trop préoccupés que nous sommes du sort du bel Alexandre ou de la sémillante Natacha dans l’une des émissions mentionnées plus haut.

Les politiciens ont beau nous inviter à voter, notre indifférence à leur égard, qui se traduit par une baisse jamais vue du taux de participation au scrutin, fait bien leur affaire.

À la dernière élection fédérale, seulement 61,4 % des électeurs ont participé au scrutin, soit 14,7 millions sur les 24 millions d’électeurs inscrits. De ce nombre, seulement 39,6% des électeurs canadiens et 16,5 % des électeurs québécois ayant voté l’ont fait pour le Parti Conservateur. Dans les faits, comme ceux qui n’ont pas voté ont du même coup voté contre le parti de Stephen Harper, 60,4 % des électeurs canadiens N’ONT PAS voté pour lui.

Mais dans notre système électoral uninominal à un seul tour, un parti peut former un gouvernement majoritaire même avec une minorité des voix.

Et les partis ont beau parler des vertus du scrutin proportionnel qui donne aux candidats le nombre de siège correspondant au pourcentage de vote qu’ils ont obtenu, ils oublient vite ces belles paroles une fois au pouvoir.

Dans La République du silence, Sartre déclare : « Jamais nous n’avons été plus libres que sous l’occupation allemande. »

Comment Sartre peut-il idéaliser cette sombre période de l’histoire où les lois antisémites, le travail obligatoire, les déportations, la censure et la répression rendaient le simple quotidien héroïque?

Peut-être est-là que nous nous trompons. Sartre n’idéalise pas cette époque. « Puisque le venin nazi se glis­sait jusque dans notre pensée, chaque pensée juste était une conquête » […] « puisque nous étions traqués, chacun de nos gestes avait le poids d’un engagement », poursuit le philosophe.

Vivre sous l’Occupation, on s’en doute bien, c’était être exposé en permanence au danger ; c’était d’avoir, à chaque seconde, la conscience d’être vulné­rable et mortel. Les actes, les paroles, les pensées prenaient dès lors un poids qu’ils n’ont pas d’ordinaire. En temps de paix, nous accordons moins de prix à la liberté.

À voir tous les jours ce que nous faisons – et ce que nous ne faisons pas – de notre liberté, force est de constater qu’elle ne vaut pas grand-chose aux yeux de plusieurs.

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