On est vieux de bonne heure!

Il y a quelque temps, j’ai passé avec succès deux entrevues pour un boulot en communication. « On sent ta passion pour les communications. Tu es la personne qu’ils recherchent, c’est certain », d’affirmer avec conviction la chasseuse de tête. Rendez-vous à Montréal donc pour l’entrevue finale avec les dirigeants de la compagnie!

J’arrive donc quelques minutes en avance, histoire de reconnaître les lieux. Une adjointe administrative d’une vingtaine d’années me reçoit gentiment et m’invite à m’asseoir. « Ça ne sera pas long. »

D’où je suis, je vois et j’entends la ruche bourdonner autour de moi. Le bruit des doigts sur les claviers d’ordinateur, les téléphones : Clic! Clic! Clic! Clic! Dring! Dring! Dring! Clic! Clic! Clic!1147864965

Quelques minutes plus tard, l’adjointe administrative me demande de la suivre. Je traverse le bureau tout en regardant autour de moi. À première vue, l’âge moyen des employés ne dépasse pas 30 ou 35 ans. Puis, me voilà dans une salle de réunion avec les dirigeants de la compagnie : deux jeunes professionnels dans la jeune quarantaine.

Comme le joueur de quilles d’expérience qui sait tout de suite après avoir lancer sa boule si celle-ci fera un abat ou si elle va tomber dans le dalot, je comprends cinq secondes après mon entrée que je ne suis pas la personne qu’ils veulent. Mon style, mes cheveux blancs, mes rides… Trop vieux le vieux! On procède quand même à l’entrevue, pour la forme, par politesse, pour jouer le jeu, même si les trois personnes autour de la table connaissent la conclusion.

Bonne nouvelle : j’ai déjà d’autres entrevues à mon agenda. J’espère seulement, pour citer maladroitement Martin Luther King qui rêvait que ses « quatre petits-enfants vivent un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau, mais sur la valeur de leur caractère », je fais aujourd’hui un rêve de vivre dans une nation où je ne serai pas jugé sur mon âge, mes cheveux blancs ou mes rides mais sur la valeur de mon caractère et de mon expérience. I HAVE A DREAM TODAY!

 

 

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Le marketing du passé

Il y a quelques semaines, Labatt a acheté la microbrasserie Archibald, imitant du coup Molson qui a acheté Creemore Springs il y a quelques années. Mais rassurons-nous: ce n’est pas pour les fermer que les géants brassicoles achètent des micros, mais plutôt pour varier leur catalogue de produits.

Il faut savoir qu’il n’est pas rentable pour les géants de l’industrie de brasser de petites quantités de bières. En achetant une microbrasserie bien installée et en distribuant leurs produits, les grosses brasseries remédient à ce problème.

1908
degustation-gratuite-de-la-1908-pale-ale-21737La récente manœuvre de Molson-Coors qui a lancé la Pale Ale historique John H.R. Molson & Bros. 1908, une bière non filtrée et vendue en bouteilles de 625 et 341 ml, une bière plus goûteuse basée dit-on sur une vieille recette, s’inscrit dans une autre stratégie marketing. Il est clair qu’on veut revamper la marque « Molson » auprès de la clientèle qui a quitté les produits de la brasserie il y a belle lurette. Pour ce faire, on mise à la fois sur le goût – elle est en effet plus riche et plus complexe que la Molson Export ou la Coors – et sur le caractère historique et patrimonial de la brasserie de la rue Notre-Dame.

En fonction des résultats de la Molson 1908, nous aurons droit ou non à une kyrielle de variations sur le même thème. Déjà les publicistes doivent avoir dans leurs cartons plusieurs idées de noms de bière susceptibles de faire vibrer la fibre patrimoniale de l’amateur de bière. En tant qu’auteur du livre Histoire de la bière au Québec (Broquet, 2006), j’ai moi aussi quelques idées!

Canadienne sur un billet de banque: jusqu’au 15 avril pour soumettre une candidature

J’écrivais sur ce blogue il y a près d’un an qu’il serait grand temps d’honorer d’autres personnalités que d’anciens premiers-ministres sur nos billets de banque. N’en déplaise aux politiciens, la très grande majorité d’entre eux n’aura jamais l’impact d’Alexander Fleming, découvreur de la pénicilline, de James Naismith, l’inventeur du basketball, du Rocket Maurice Richard, de Jeanne Mance, de Marguerite d’Youville, de Laura Secord, de Terry Fox, d’Alexander Graham Bell ou de Tecumseh sur l’Histoire du Canada.

Le 8 mars dernier, le Premier ministre du Canada Justin Trudeau annonçait qu’une Canadienne aura enfin sa place sur un billet en 2018. La Reine Elizabeth a toujours été la seule femme à apparaître sur nos billets de banque. Ainsi, sur les nouvelles coupures de 1954, qui remplaçaient celles de 1937, elle figurait partout.

Ce n’est qu’en 1969 que des figures canadiennes – tous d’anciens premiers-ministres – apparaissent sur les coupures de 5 $, 10 $, 50 $ et 100 $. Mais notre chère Elizabeth avait gardé pour elle les billets de 1 $, 2 $ et 20 $.

Depuis 1969, exception faite de la Reine, il n’y a que d’anciens premiers ministres sur nos billets de banque:

  • 5 $ : Sir Wilfrid Laurier, premier Premier ministre francophone de 1896 à 1911;
  • 10 $ : Sir John A. Macdonald, premier Premier ministre du Canada de 1867 à 1873 et de 1878 à 1891;
  • 50 $ : W.L Mackenzie King, Premier ministre, 1921 – 1930 et 1935 – 1948;
  • 100 $ : Sir Robert L. Borden, Premier ministre 1911 – 1920

Encore le politique?

S’il faut saluer ici l’initiative du gouvernement fédéral d’honorer ainsi une femme, il y a fort à parier que la femme victorieuse sera une ancienne politicienne. Ne serait-il pas temps d’honorer sur nos billets de banques nos chercheurs, nos écrivains, nos poètes, nos explorateurs, nos défenseurs des droits, peu importe le sexe?

Alors, selon vous, quelle Canadienne mérite de figurer sur un billet de banque : Jeanne Mance, Jeanne Sauvé, Marguerite d’Youville, Laura Secord?

D’autres suggestions :

  • Mary Ann Shadd Cary, qui  a lutté contre l’esclavage et la ségrégation au Canada et aux États-Unis;

    Mary Ann Shadd Cary

    Mary Ann Shadd Cary

  • Emily Carr, l’une des plus grandes artistes canadiennes du 20e siècle;
  • nellie-mcclung2Nellie McClung, symbole de l’égalité des femmes qui a joué un rôle prépondérant dans l’obtention du droit de vote des femmes;
  • Gabrielle Roy, l’un des plus grands auteurs canadiens;

    Gabrielle Roy

    Gabrielle Roy

  • Thérèse Casgrain, fondatrice du Comité provincial du suffrage féminin au Québec en 1921 et directrice de la Ligue des droits de la femme de 1928 à 1942;
  • Viola Desmond qui, bien avant le mouvement moderne des droits civils aux États-Unis, a défendu l’égalité raciale dans un cinéma d’une région rurale de la Nouvelle-Écosse. En 1946, cette coiffeuse avait créé tout un émoi en refusant de s’installer dans une section du cinéma officieusement réservé aux personnes de race noire. Traînée hors des lieux et emprisonnée, elle entreprendra une lutte pour le changement qui se traduira en 1954 par l’interdiction de la ségrégation en Nouvelle-Écosse.
  • 2015315-Mary-Two-Axe-EarlyMary Two-Axe Early, championne de l’égalité des droits des femmes autochtones.

Une autre idée : il ne vous reste que quelques jours pour envoyer votre suggestion à http://www.banqueducanada.ca/billets/surunbillet/

Nouveau Ciel, Cité nouvelle

Il y a cinquante ans aujourd’hui, le 4 avril, le Planétarium Dow présentait son premier spectacle intitulé Nouveau Ciel, Cité nouvelle. Il en coûtait alors 0,75 $ par adulte et 0,25 $ par enfant pour assister aux représentations.

Photomontage du Planétarium Dow en 1966. © Archives de la Ville de Montréal, VM94,A386-2

Photomontage du Planétarium Dow en 1966. © Archives de la Ville de Montréal, VM94,A386-2

Construit selon les plans des architectes David-Barott-Boulva au coût total de 1 250 000 $, il s’agissait du premier planétarium au Canada. L’ouverture officielle avait eu lieu le 1er avril en présence du maire de Montréal, Jean Drapeau. Lors de son ouverture, un dôme de projection de 20 mètres, un projecteur Zeiss à la fine pointe de la technologie et sa capacité d’accueil de plus de 400 places assises en faisaient l’un des planétariums les plus importants au monde.

En plus d’accueillir le nouvel édifice en 1967, d’œuvres d’art public sont installées au square Chaboillez en 1967-1968. La première est une statue de Nicolas Copernic réalisée en 1967 à partir d’un modèle en plâtre de l’artiste danois Bertel Thorvaldsen et offert à la Ville de Montréal par le musée Thorvaldsen en 1967. La seconde œuvre d’art public installée sur le site du square en 1968 s’intitule « Le cadran solaire » et a été réalisé par l’artiste néerlandais Herman J. van der Heide.

Le Planétarium Dow dans toute sa splendeur.

Le Planétarium Dow dans toute sa splendeur.

Le nouvel équipement connaît dès ses débuts un grand succès et dans ses deux premières semaines d’ouverture, plus de 16 000 personnes assistent à l’un des spectacles qui y est présentés. Rappelons-nous qu’à cette époque, les missions spatiales se succédaient à un rythme fou en préparation du premier vol habité vers la lune.

Anecdotes personnelles

En compagnie de mes amis, j’ai assisté à plusieurs reprises à des représentations au Planétarium Dow. Nous y étions d’abord allés avec l’école et c’était l’autodidacte Jacques Lebrun qui présentait le spectacle. Par la suite, comme nous n’habitions pas très loin, nous y sommes retournés de nombreuses fois. Je possède encore mes échantillons de minéraux et de cailloux que j’y achetais! Après les représentations, nous pouvions passer une heure ou deux à nous amuser sur le terrain du Planétarium en grimpant sur Copernic et en jouant les espions. Dow_Planetarium_2012_01

Le Planétarium Dow, devenu le Planétarium de Montréal, a fermé ses portes le 10 octobre 2011. Le Planétarium Rio Tinto Alcan lui a succédé en 2013 aux abords du Stade Olympique.

Des funérailles bien différentes

Chose rare au Québec, deux funérailles nationales ont eu lieu à quelques semaines d’intervalle. D’abord celles de René Angélil, le vendredi 22 janvier, puis celles de Marie-Claire Kirkland Casgrain, le samedi 2 avril. Mais ces deux événements ont été bien différents l’un de l’autre.

Tout d’abord, il faut présenter ces deux personnages :

o-RENE-ANGELIL-CELINE-DION-facebookLe premier, né le 16 janvier 1942 à Montréal, chantait le yéyé dans les années soixante en traduisant sur le coin d’une table des succès américains et anglais avant de devenir imprésario pour de nombreuses vedettes. Joueur intempestif, il a perdu sa chemise plusieurs fois avant de miser sur le bon cheval. Un self-made-man comme on les aime. Décédé en janvier dernier à Las Vegas, ses funérailles nationales ont eu lieu le 22 janvier.

L’autre, Marie-Claire Kirkland-Casgrain, est née le 8 septembre 1924 à Palmer, au Massachusetts, à une époque pas si lointaine où les femmes n’étaient pas considérées comme des personnes devant la Loi. Avocate, elle sera la première femme député de l’Assemblée législative du Québec, aussi la première femme membre du Conseil des ministres, puis la première femme juge. Féministe, elle défendra tout au long de sa carrière des causes féminines et travaillera d’arrache-pied à l’adoption de certaines lois : 1964, Loi sur la capacité juridique de la femme mariée; 1969, Loi concernant les régimes matrimoniaux et l’établissement de la société d’acquêts; 1973, Loi établissant un Conseil du statut de la femme.casgrain-low-2-g

Décédée le 24 mars dernier, elle a aussi été la première femme à obtenir des funérailles nationales au Québec.

Le premier a eu droit à des funérailles nationales grandioses en la basilique Notre-Dame de Montréal, un vendredi, retransmises ad nauseam sur toutes les chaines. Politiciens et artistes jouaient du coude pour avoir les meilleures places alors que des milliers de badauds se les gelaient à l’extérieur.

L’autre a eu droit à des funérailles nationales à la va-vite  à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, un samedi matin, retransmises uniquement sur les chaines d’information. Quelques centaines de personnes se sont déplacées pour l’occasion.

Qu’est-ce que cette différence marquée entre les deux cérémonies dit sur nous, sur notre société, sur nos valeurs? Dans la deuxième moitié du vingtième siècle, sociologues et autres « ogues » parlaient de l’avènement de la société des loisirs, une société dans laquelle les gens auraient plus de temps pour pratiquer un sport, un loisir, lire, écouter de la musique, s’instruire, se cultiver, s’occuper du politique. Mais ce rêve ne s’est pas concrétiser, le divertissement envahissant toutes les sphères de la société. Résultat : un imprésario occupe aujourd’hui une place plus importante dans la mémoire collective qu’une femme qui s’est battue toute sa vie pour transformer la société.

Il faudra dans quelques années je le crains organiser des funérailles nationales à notre mémoire collective.

Un maire de Montréal auteur de La Chasse-galerie

Le film La Chasse-galerie vient de sortir sur les écrans de cinéma québécois. On connaît l’histoire : des bûcherons font un pacte avec le diable pour aller voir leurs blondes au village la nuit de Jour de l’An.

Mais saviez-vous que cette histoire a d’abord été écrite par un ancien maire de Montréal?

Un aventurier

Né en 1848 à Lanoraie, Honoré Beaugrand entreprend des études classiques au Collège de Joliette d’où il est expulsé en 1865. Il n’a que dix-sept ans, il part pour le Mexique afin de se joindre à l’armée française de l’empereur Maximilien. Blessé, il est emprisonné mais il réussit à s’échapper. Il gagne alors la France, en 1867, où il est bientôt chassé pour activités antigouvernementales.

On le retrouve à La Nouvelle-Orléans en 1869 où il demeure quelques mois avant de retourner au Mexique où il travaille comme comptable et interprète pour une compagnie de chemin de fer mexicaine.

Journaliste

En 1873, Beaugrand s’installe à Fall River, dans le Massachusetts. Il y fonde le journal L’Écho du Canada et épouse une Américaine, Eliza Walker. Deux ans plus tard, L’Écho du Canada est vendu et Honoré Beaugrand voyage dans l’ouest des États-Unis. De retour à Fall River, il fonde un autre journal, La République, journal dans lequel il précise ses opinions politiques et religieuses: il se dit «franc-maçon très avancé, libéral admirateur enthousiaste des principes de la Révolution française et partisan de la déclaration des droits de l’homme».

Romancier

Son roman Jeanne la fileuse. Épisode de l’immigration franco-canadienne aux États-Unis paraît dans ce journal, en feuilleton, avant de paraître en volume en 1878 à Fall River. Le livre obtient des critiques acerbes, notamment parce que Beaugrand défend en partie l’émigration vers les États-Unis.laptrie-7janvier

La Patrie

En 1878, Beaugrand s’établit à Ottawa où il fonde l’éphémère journal Le Fédéral. En octobre, Honoré Beaugrand est à Montréal, où il lance encore des journaux : d’abord un hebdomadaire satirique, le Farceur, puis, en février 1879, à la demande du Parti libéral, le quotidien La Patrie, dont il demeurera propriétaire jusqu’en 1897.Ce journal qui exprime les thèmes du libéralisme sera une grande réussite commerciale et fera sa fortune.

Honoré Beaugrand est maire de Montréal de 1885 à 1886.

Honoré Beaugrand est maire de Montréal de 1885 à 1886.

Montréal

Beaugrand est honoré ( !) de la croix de la Légion d’honneur française en 1885, la même année où il est élu maire de Montréal. Progressiste, il se distingue par ses interventions en faveur de la vaccination obligatoire lors de l’épidémie de petite vérole, épidémie qui aurait fait 3164 victimes. Il est réélu à ce poste le 1er mars 1886 jusqu’à 1887.

Retraite dorée

Au cours des dix années qui suivent, Beaugrand voyage beaucoup, non seulement en Amérique mais également en Europe et au Japon.

En 1897, il vend à Joseph-Israël Tarte son journal La Patrie qu’il a dirigé depuis 1879.

En 1900, Beaugrand publie La chasse-galerie. Légendes canadiennes, un recueil de contes, avec des illustrations originales d’Henri Julien. Le livre comptait initialement cinq légendes et récits, tous parus dans La Patrie en 1891 et 1892.

Il meurt à Montréal le 7 octobre 1906 à l’âge de 58 ans.

De Walnut Grove à Washington

Laura_Ingalls_WilderOn célèbre aujourd’hui (7 février 1867), l’anniversaire de naissance de Laura Ingalls Wilder, écrivaine américaine connue pour ses romans pour enfants Little House on the Prairie, publiés entre 1932 et 1943.
Ses histoires ont inspiré la série éponyme télédiffusée entre 1974 et 1983 au réseau NBC.
Laura Ingalls Wilder est décédée le 10 février 1957 à Mansfield, au
Missouri, à l’âge de 90 ans.

Mellisa Gilbert, qui interprétait le rôle de Laura dans la série télévisée, brigue un siège sous l’étiquette démocrate à la Chambre des représentants d12654523_620090968193264_5140864202534596418_nu Congrès américain dans le 8e district du Michigan. Cette élection se déroule simultanément avec l’élection présidentielle le 8 novembre 2016.

 

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